Élections présidentielles à Madagascar

Publié le 26 Octobre 2013

Élections présidentielles à Madagascar

Vendredi 25 octobre 2013, plus de 7 millions de Malgaches ont été convoqués aux urnes pour élire, parmi 33 candidats, leur Président de la IVe République qui remplacera l’actuel Président de la Transition, Andry Rajoelina, en place depuis 2009.

Explication sur le bulletin de vote : les candidats ont tiré au sort leur numéro en juin dernier, ils étaient alors 41 en course, ce qui explique la numérotation... Après "nettoyage" de la liste, 33 ont vu leur candidature acceptée. Résultat : 33 candidats numérotés de 1 à 41 !!!

Ce jour, je me trouvais à Sahambavy, village de brousse non loin de Fianarantsoa. J’ai accompagné sœur Flore au bureau de vote situé dans l’école municipale. La brume est épaisse, les nuages sont bas, mais l’ambiance est décontractée et plutôt joviale. On se salue, on prend sa place dans la file qui s’allonge, on commente très peu. Les organisateurs sortent régulièrement du bureau pour vérifier que personne ne s’est trompé de file : il y en a deux car il y a deux salles côte à côte et le numéro de la salle dans laquelle on doit voter est inscrite sur la carte d’électeur ! Quelle précision ! Tout va mora mora, selon le rythme malgache : l’entrée est filtrée, le votant présente sa carte, l’employé cherche le nom sur sa longue liste de plusieurs pages (ça prend du temps !), enfin on trouve, il faut ensuite prendre son bulletin, s’isoler dans l’isoloir, méditer (pas trop longtemps) sur les 33 candidats et cocher la bonne case (hum…), puis déposer avec cérémonie son bulletin dans l’urne transparente et enfin tremper son doigt dans l’encrier : au cas où l’envie de voter deux fois vous prendrait, vous êtes découvert, votre pouce est tout violet !

C'est la queue devant le bureau de vote n°2 à Sahambavy !
C'est la queue devant le bureau de vote n°2 à Sahambavy !
C'est la queue devant le bureau de vote n°2 à Sahambavy !

C'est la queue devant le bureau de vote n°2 à Sahambavy !

Élections présidentielles à Madagascar

Devant l’école, les délégués des candidats doivent en théorie surveiller le bon déroulement des opérations. Il devrait y avoir deux délégués par candidats, soit 66 au total ! Ce matin j’en compte 8, c’est déjà pas mal…

Dans les plus grands bureaux de vote, en ville, plus de 500 observateurs internationaux - Européens de la CEE et Africains de la SADC - sont également présent, sans compter les observateurs nationaux issus de la société civile. À Fandriana, la communauté loge deux observateurs de l'Union européenne : Christelle, Française (même âge que moi) et son collègue danois. Ils sont restés sur la qui-vive de 4h du matin à 2h30 la nuit suivante, soit presque 23h de présence non-stop dans les bureaux de Fandriana et 16 autres petits bureaux de brousse. Ils gardent le sourire : tout s'est très bien déroulé, dans le calme, sans aucune tension.

Les journaux télévisés ne mentionnent aucun incident majeur, si ce n'est le meurtre d'un Président de Fokontany par un Dahalo dans un bureau de vote... et, moins grave, côté matériel, le naufrage d'un bon paquet de bulletins transporté en pirogue ainsi que le manque d'urne dans certains bureaux de vote. Mais l'organisation globale semblait bonne, bien que certains électeurs ayant reçus leur carte n'étaient pas inscrits sur la liste des votants et n'ont pas pu voter : "on fera mieux au deuxième tour" (le 20 décembre !) dixit le Premier Ministre.

Alea jacta est ! Il ne reste plus qu’à espérer que tout se déroulera pour le mieux jusqu’au bout et que les résultats ne seront pas contestés... et surtout que les perdants ne chercheront pas à se venger ! C'est la peur du peuple malgache, dont on ne cesse de louer le bon comportement : évidemment, la vraie question est de savoir si l'on peut louer de la même façon le comportement des politiques... Ça, c'est une question que personne ne pose !

Rédigé par Xénia

Publié dans #MADAGASCAR

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