Les couleurs de la vie malgache

Publié le 20 Mars 2014

On espère toujours que « ça va tenir jusqu’au soir », que la pluie ne viendra pas faire chuter les enfants sur les chemins de terre-glisse après l’école. Mais ils sont agiles comme de petits chamois de brousse, pieds nus dans les flaques, se moquant du bosquet de capucines capricieuses, éclaboussant de leurs rires les rizières détrempées. Le ciel ne se tient pas tranquille, il déverse chaque après-midi de lourdes rasades sur les montagnes, sur les gens-fourmis. Très vite les parapluies ne suffisent plus, très vite on est tout nus tant on est trempés, les os mouillés, le dos courbé, écrasés de pluies droites et rapides.

Chaque après-midi le soleil doit céder la place et les nuages s’accordent pour jouer ensemble leur symphonie pluviale, improvisation de trompettes ruisselantes. Quelques notes fraiches, arpèges qui absorbent la poussières, nos âmes se « désemmurent » de la chaleur qui les faisait ployer sans rompre.

L’orage nous gronde mais les enfants ne le prennent pas au sérieux. Ils savent que ce qui tonne, c’est la somme de leurs jeux qui ont rempli le ciel.

L’usure des jours trop chauds ne se mesure que la nuit venue, quand l’obscurité absorbe les pas des derniers villageois pressés. Puis plus un bruit. Silence obscur de la brousse. La pluie peut tomber. L’orage peut s’éclater. Nos âmes sont à l’abri dans leurs prières d’actions de grâces : aujourd’hui nous avons vécu. Un jour de plus dans le livre des gloires de Dieu.

À Fandriana, les vendeurs de pomme viennent de la brousse en charrette couverte, tirée par les zébus. Les charrettes leur servent d'abri contre le soleil mais aussi de "tente" pour la nuit...À Fandriana, les vendeurs de pomme viennent de la brousse en charrette couverte, tirée par les zébus. Les charrettes leur servent d'abri contre le soleil mais aussi de "tente" pour la nuit...
À Fandriana, les vendeurs de pomme viennent de la brousse en charrette couverte, tirée par les zébus. Les charrettes leur servent d'abri contre le soleil mais aussi de "tente" pour la nuit...À Fandriana, les vendeurs de pomme viennent de la brousse en charrette couverte, tirée par les zébus. Les charrettes leur servent d'abri contre le soleil mais aussi de "tente" pour la nuit...
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À Fandriana, les vendeurs de pomme viennent de la brousse en charrette couverte, tirée par les zébus. Les charrettes leur servent d'abri contre le soleil mais aussi de "tente" pour la nuit...

ciel en feu
nuage encens

terre en sang
parée d’or vert

travail d’orfèvre
nuée lumineuse

terre qui ne ment
route sinueuse

Rizières le long de la N7, entre Antsirabe et Ambositra.Rizières le long de la N7, entre Antsirabe et Ambositra.
Rizières le long de la N7, entre Antsirabe et Ambositra.
Rizières le long de la N7, entre Antsirabe et Ambositra.Rizières le long de la N7, entre Antsirabe et Ambositra.

Rizières le long de la N7, entre Antsirabe et Ambositra.

Rédigé par Xénia

Publié dans #MADAGASCAR

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sc.cheny@orange.fr 22/03/2014 11:01

Comme toujours tu as l'art de dire,
et cela nous touche...

Denis Chautard 20/03/2014 20:42

Merci Christelle de nous partager le grouillement de la vie comme le silence de la nuit
C'est vraiment superbe
Bravo l'artiste !
Avec toute mon amitié

ariane 20/03/2014 16:30

merci, cela me fait penser à l'introduction d'un gros roman que j'ai savouré, il y a longtemps, "la mousson" de L. Bromfield ( je crois...)
Je suis chez Yves, je cueille des fleurs avant la pluie, l'hiver sera de retour demain alors je goùte aux dernières de soleil et tu sais combien il est parcimonieux avec nous. Bises Ariane