Sur l'Île Rouge - Méditations

Publié le 12 Mars 2014

Tout est simple, jusqu’à l’exubérance des plantes. Débandade de fleurs et de fruits. La vie n’a jamais été disciplinée. Et elle ne le sera jamais.

Sur l'Île Rouge - Méditations

L’odeur du charbon monte comme un encens incertain. Sacrifice imposé par la misère, les hommes coupent les arbres comme on égorgeait autrefois des bêtes sur un autel. Dans l’espace sacré de la forêt jusqu’aux montagnes dénudées, leur hache ensanglantée de sève martèle une hymne morbide de survivance. La terre quelquefois brûle aussi. Le feu s’étend parfois jusqu’aux vies oubliées aux fond des brousses. Tout se consume en de vaines offrandes que Dieu ne saurait agréer. Dieu ne peut se renier. Pourtant, ici, jamais les feuillages ne flétrissent. Parlait-il d’une autre ardeur, le psalmiste ? 

Sur l'Île Rouge - Méditations

Zénith. Cette masse de soleil. Même le ciel s’efface, effondré de tant de clarté brutale. Viendra l’heure du soir qui habillera d’or les moindres parcelles du décor et nous réconciliera avec cette impardonnable arrogance lumineuse. 

Sur l'Île Rouge - Méditations

La main du palmier agrippe le ciel. Rien de désespéré dans ce geste. C’est celui d’un enfant accroché au sein maternel. Il tête le lait des nuages. 

Les vents de la mousson nous transmettent des messages inter-océaniques que l’internet ne peut décoder. Ce sont des caresses bleues et frêles, à peine esquissées dans les branches des arbres survivants. Seuls nos corps savent s’y abandonner. Le cerveau doit rester en veille. 

Sur l'Île Rouge - Méditations

L’orange amère me sourit du bout de sa branche. C’est ce fruit-là qu’Ève aurait pu tendre à son compagnon d’infortune. Juste pour rire. Mais à ce mauvais tour elle a préféré lui donner le meilleur d’elle-même, le fruit sucré de l’amour. Il ne s’en est jamais remis… Elle non plus… La petite farce aurait eu moins de conséquences. Mais la vie en aurait perdu sa saveur. 

Sur l'Île Rouge - Méditations

Rédigé par Xénia

Publié dans #MADAGASCAR

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Nicole 12/03/2014 16:02

Merci Christelle, pour ta poésie si belle! et pour ce documentaire drôle et beau! En union de prière en ce temps de carême. Bises.

Myriam 12/03/2014 16:01

Tu écris trop bien! De la poésie, de la sensibilité, on y est! Merci pour ces petits instants d'évasion.