Il faut commencer à partir...

Publié le 12 Juin 2014

Dans un mois je serai en France. Un mois, quelques jours pour dire au revoir, pour se séparer de tous ceux et celles que j’ai rencontrés, avec qui j’ai travaillé. Un mois pour quitter ce pays, lieu de tous mes paradoxes. Caresser une dernière fois du regard les montagnes des Hauts Plateaux. Revisiter par l’action de grâce tous ces lieux improbables où les pistes m’ont conduite. Garder en mémoire le meilleur, l’émerveillement devant la beauté des paysages, mais surtout, au-delà du visible, imprimer en moi la beauté des visages. Recueillir comme un viatique ces milliers de sourires d’enfants et d’adultes qui ont illuminé mon séjour à Madagascar.


Quitter pour espérer revenir, un jour « si Dieu le veut » comme on dit. Mais je sais que sa volonté se déroule dans le fil rouge de nos vies, sur le métier à tisser de nos jours, dans l’étoffe de nos travaux patients et persévérants, dans notre propre volonté de devenir responsables de nos vies, offerts à l’Imprévu qui est signe de Dieu parmi nous.
La séparation peut contenir une promesse de vie qui s’exprime dans les liens d’amitié à nourrir de nos présences affectueuses, dans les projets à imaginer, puis à construire ensemble - je pense à « La Ferme malgache ».

L’émotion est déjà là, cocktail de tristesse et d’espérance : partir oblige à vivre encore, plus loin, à regarder l’avenir comme un fabuleux potentiel d’amour à découvrir chaque jour, quel que soit l’endroit où l’on se trouve.


Un proverbe malgache dit : « Tongotra mby an-dakana ka tsy miverina intsony », ce que l’on peut traduire par « Une fois les pieds dans la pirogue on ne revient plus en arrière ».
Je ne reviendrai pas en France en pirogue, mais lorsque je serai assise dans l’avion, je saurai que ce que je laisse derrière moi n’est pas du passé, mais un futur à construire ensemble.

Il faut commencer à partir...Il faut commencer à partir...
Il faut commencer à partir...

Et pour terminer mon séjour sur une note « touristique », je vais passer quelques jours dans le nord de l’Île et découvrir les beautés de la côte à Mahajunga, Nosy Be et Diego avec une jeune couple franco-malgache : une longue route ensoleillée en perspective avec la découverte de parcs nationaux et l’accueil chaleureux des « gens du nord ».

Rédigé par Xénia

Publié dans #MADAGASCAR

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Yolande 23/06/2014 08:53

quand on a pu rester plusieurs mois, c'est que l'on s'est acclimaté à un peuple, à une culture et repartir n'est pas facile.
que le Seigneur t'aide.
en profonde communion
quand tu rentreras, je serais dans le massif de Chartreuse et jusqu'au 1/8 normalement. si cela te dit de passer ! tu me fais signe !
Yolande

François 14/06/2014 12:21

L'imprévu qui nous comble, l'imprévu qui nous éblouit, l'imprévu illogique à nos raisons, l'imprévu qui déroute, dérange, fait vaciller nos certitudes, nous attriste et parfois nous indigne. Et souvent à point nommé nous console. Ne serait-ce pas, par hasard, notre pain de ce jour que nous continuons à demander, sans toujours le reconnaître ?

Merci Christelle pour toutes tes communications de cette année !
Aie courage pour revenir, à bientôt !!! Nous t'embrassons.

Jean-Marie 13/06/2014 06:55

Se pourrait-il que prochainement on n'ait plus ces nouvelles de Madagascar ?
Ces paysages, ces visages, ces actions en cours, ces communautés riches d'attentes et d'espérance ? Alors il faudra en faire son deuil.
Prolonger par nos propres moyens ce regard de beauté, de bonté dont tu parles, Christelle.

Mais une question me reste : t'avons-nous assez accompagnée, soutenue ?
Serons-nous capables, à ton retour, d'aller au-delà de la joie de te revoir, en chair et en os ?
Serons-nous capables de t'accueillir vraiment, de capter, au-delà de la bienveillance et de l'amitié, ces minuscules fragilités d'une personne qui s'expose, parce qu'elle n'a jamais cessé de chercher, et cherche encore ? Et de prévenir toute demande ?

En pensant à tout cela, je relis Luc 10. "Il les envoya deux par deux"... Qui étaient-ils, ces 72 ? Des gens ordinaires, comme toi et moi. Leur nom n'est pas resté dans l'histoire. Pas canonisables pour deux sous.
Et pourtant : "Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair !"
Cette phrase m'a toujours semblé extraordinaire. Ce mal qui ronge l'humanité, détrôné par 72 pékins anonymes ! Tout ça parce qu'ils savaient dire : "Paix à cette maison !" Parce qu'ils guérissaient les malades et qu'ils disaient : "Le royaume de Dieu s'est approché de vous" !
C'est le Maître qui le dit.
C'est minuscule, tout ça. Bien sûr, on sait guérir par un sourire, un silence judicieux, une parole juste. On sait faire deviner la proximité d'un Dieu qui n'est jamais si lointain que si on le cherche maladroitement. Et même on s'essaie à bénir, "Paix à cette maison"
Et peut-être rien d'autre.
Parce qu'on a la foi dans le Maître, pas en nous.

Récemment, je parlais avec une personne qui a eu une vie difficile, mais qui ne se plaint pas. On disait : On s'est trompé de chemin, et parfois gravement. Il arrive qu'on soit dans l'errance. Mais toujours, sur quelque route qu'on se retrouve, Il est là, devant nous, qui nous précède. Et alors, qui nous empêchera de Le suivre ?
Je t'embrasse fraternellement, chère Christelle. Et à bientôt !

Sr Marie Odile 13/06/2014 06:18

Merci pour ton partage. J'ai lu avec plaisir tout ce qui a fait ta mission à Madagascar.
Tout l'amour que tu a mis dans le don de toi à ce pays, aux hommes de ce pays,
ton regard positif, constructif, plein de couleur.Que ta prochaine mission soit aussi
belle que celle-la. J'ai fait mon noviciat à Androhibe et suis retournée 2 autres fois.
J'aime ce pays. Bonne route avec le Seigneur.

Fr. Cyprien 12/06/2014 17:48

Courage, Christelle, les émotions seront des bons souvenirs pour le reste de ta vie. A bientôt donc, à nouveau dans le Morvan!!!
Je t'embrasse et prie avec tous ceux et celles qui t'entourent. F.Cyprien.