J'aimerais devenir professeur de vie

Publié le 11 Août 2014

De retour en France depuis un mois, je vous mentirais si je disais que l'atterrissage est facile, que c'est la joie parfaite… Bon, n'exagérons rien, vivre en France, quoi qu'en pensent les Français (majoritairement pessimistes, je l'ai constaté), ce n'est pas un drame. C'est même une fabuleuse opportunité car nous avons les moyens de faire et de choisir beaucoup de choses, essentielles et optionnelles, dans nos vies quotidiennes. À chacun de faire le tri, de savoir ce qu'il veut !

Et justement, savoir ce que je veux, je le devine, mais il me manque quelques éléments pour me lancer. Bref, vous l'aurez deviné, je cherche encore à définir mon projet de façon claire et réaliste, comptant à la fois sur mes forces, ma détermination, mais aussi sur toutes les opportunités que la vie, la Vie, me présentera.

Les grandes lignes : continuer sur ma lancée de formatrice pour adultes, avec toutefois une spécialité dans l'art de communiquer et la relation (à soi, aux autres). J'ai donc pensé à m'inscrire à une formation de coach, mais bof, ça fait un peu "fourre-tout". Et puis il y a la communication non violente (CNV), dont je possède déjà les bases. Il y a des formations plus "psy", genre thérapeutes, mais là, on est dans l'accompagnement et le soin plus que dans la formation. Enfin, j'ai trouvé quelque chose d'intéressant avec Jacques Salomé qui a mis des mots sur un de mes rêves : devenir professeur de vie...

J'aimerais devenir professeur de vie

 

Extrait de "La ferveur de vivre", Jacques Salomé, Ed Albin Michel

J’aurais voulu être professeur de vie...

 

Un jour, ma mère m’a dit, la voix empreinte de regrets, « J’aurais voulu être professeur de vie...». Cette toute petite phrase, lancée à la volée, a résonné en moi tel un écho me renvoyant à ce désir que je portais, moi aussi, au creux de ma poitrine.

Moi aussi...

Souvent, au cours de ma vie d’adulte, d’amoureux, de père, de professionnel des relations humaines, j’aurais voulu, moi aussi être professeur de vie. Je rêvais de faire découvrir quelques-unes des merveilles de l’existence à des enfants assoiffés de beauté, curieux de découvrir les inépuisables ressources de la Vie. Puis, à force de rencontres magiques avec des êtres exceptionnels, à force de lectures, de voyages dans différents pays, à force d’expériences et de changements d’état de conscience j’ai compris que oui, j’aurais pu être professeur de vie !

Apprendre à voir la Vie autrement

J’aurais appris aux enfants, et peut être aussi aux adultes, tout ce qui n’est pas dit dans les livres où l’on enferme parfois le savoir ; tout ce qui n’est pas entendu dans un cours ou une leçon ; tout ce qui se dérobe à l’impatience de s’approprier et de contrôler ; tout ce qui se perd dans des errances et des conflits. Je leur aurais montré les germes en devenir d’un monde meilleur. Je leur aurais appris à regarder autour d’eux et à voir le surgissement de l’indicible, le rayonnement et les vibrations du silence, à s’étonner du miracle permanent de la Vie.

Je leur aurais fait découvrir ces moments délicats, éphémères mais si présents, qui traversent l’enfance et qui vont colorer et dynamiser plus tard toute leur existence. Je leur aurais dit qu’un amour entretenu ne s’use pas, que la seule liberté qui vaille la peine d’être vécue est la liberté d’être, qu’il est important de prendre le temps de suivre des yeux le vagabondage d’un nuage, d’accompagner longtemps le vol d’un oiseau, de se laisser surprendre par l’infime souffle d’un pétale qui se détache d’une rose, d’entendre les murmures de la pluie sur une main tendue, d’écouter la respiration d’un arbre et les balbutiements de chaque aurore.

Rester fort et fier de qui je suis

J’aurais tenté de leur permettre d’apprivoiser et de laisser croitre cette petite parcelle d’amour déposée en chacun au moment de leur conception. De leur faire aimer l’amour qui les habite, en attente d’être donné et reçu, partagé et agrandi. De leur montrer combien il est important d’apprendre à s’aimer, à se respecter, à mieux se définir et s’affirmer dans sa différence. Qu’il est vital de ne pas se laisser définir par les désirs et les peurs de son entourage, ou d’être enfermé dans des jugements de valeur, de résister aux rumeurs, aux idées toutes faites et aux modes.

J’aurais essayé de leur apprendre à remettre en cause leurs croyances quand elles deviennent des certitudes au point de les aveugler ou de les rendre sourd, pour laisser plus de place à l’imprévisible de la vie.

Oui, moi aussi j’aurais aimé être professeur de vie !

Rédigé par Xénia

Publié dans #Journal

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Barbara 12/08/2014 09:26

Oui, tout à fait d'accord avec le message précédent. Déjà, toute ton expérience, ce que tu dis de notre chance de vivre en France, c'est une leçon que nous avons besoin d'entendre. Tant de gens se plaignent... Le mot"professeur de vie" en revanche ne me convainc pas. Peut-être le mot "professeur" qui ferait peur... A voir...

Alice Biais 11/08/2014 20:26

Indépendamment de Jacques Salomé, je sais depuis longtemps que tu es faites pour être "professeur de vie"tu es attentive, à l'écoute, une empathie certaine, un bon sens évident, d'une grande efficacité...bien sur, à mes yeux , c'est ta voie ! "coach", le mot est certes à la mode, mais la fonction est plus qu'utile, les gens sont perdus, en recherche, avides de savoir et de comprendre... Christelle, fonce, c'est ton chemin, et beaucoup t'attende(nt )
en attente du plaisir de te revoir ! à Montréal les 16, 17 aout ?