Avant la suite, une méditation...

Publié le 18 Mars 2012

Chers amis,

 Vous avez été nombreux à me répondre, sur mon blog ou par mail : merci pour les manifestations de votre amitié, j'en suis très touchée. Je ne veux pas avoir l'air d'en rajouter, mais, au risque de paraître redondante, je ne résiste pas à vous partager cette méditation qu'une amie - "partie" elle aussi ! - m'a envoyé. Je vous laisse savourer... Et je vous livrer prochainement (du moins je l'espère !) la suite de l'histoire.... 

 

"Quand on a décidé de partir, il faut faire ses bagages, seller son âne et se mettre en route. La montagne est à peine visible dans le lointain. À l’aube il faut partir.

C’est un grand départ. Il faut dire adieu. À quoi ?

À tout et à rien. À rien, car ce monde que l’on quitte sera toujours là près de nous, en nous, jusqu’à notre dernier souffle, toujours aussi près de nous. Étant chassé et repoussé, il a bien des chances de surgir avec plus de véhémence à l’intérieur de nous même.

À tout, car, en partant à la recherche de l’absolu, nous coupons les ponts avec tout ce qui pourrait nous en détourner. La séparation, finalement, n’est pas dans l’éloignement mais dans le détachement.

 

Il faut à tout prix empêcher notre personnalité de se replier sur elle-même, de se construire une citadelle.

Avant de partir, il y a quelques coups de hache et de serpe à donner. En tranchant autour de soi, on voit immédiatement que l’on tranche en soi. Mais il ne faut pas attendre d’être détaché de tout et de soi pour partir.

 

Qu’emporter avec soi ?

Tout soi-même et rien de moins. Étrange réponse après avoir dit qu’il faut tout laisser et surtout se laisser soi-même.

Et pourtant c’est vrai, il faut s’emporter tout entier. Beaucoup ne partent qu’en apparence.

 

Ils se mettent eux-mêmes en sécurité avant de se mettre en route. Ils se font une personnalité artificielle, ce robot, cette ombre d’eux-mêmes qu’ils envoient. Ils n’entrent jamais vraiment de tout leur être dans l’expérience. En partant, il faut mettre sur son âne tout ce qu’on possède et partir avec tout ce qu’on est, il faut tout prendre, les grandeurs et les faiblesses, les grandes espérances, les tendances les plus basses et les plus violentes, tout, tout, car tout doit passer par le feu. »

 

Père RAGUIN « Chemin de la Contemplation »


Rédigé par Xénia

Publié dans #Spiritualité

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Elisabeth 21/03/2012 12:35

Tout le monde ne part pas avec son âne... et c'est le cas de notre ami Lulu... On peut t'emprunter ce texte pour son blog "Lulu en camp volant" ?

Blandine 19/03/2012 19:10

et les retranchements en soi continuent tout le long du voyage... pas toujours simple mais tellement pour mieux se rencontrer soi-même et pour mieux le rencontrer Lui !

Jacques D 19/03/2012 19:09

Très beau texte. Je me demandais justement si tu le connaissais. Je pensais te l'envoyer. Je l'ai utilisé au début d'une retraite.
Bises,
Jacques