L'aventure continue et se précise

Publié le 29 Août 2012

Chers amis

Voici donc quelques nouvelles, 15 jours après mon arrivée à Madagascar. Je ne peux pas dire que mes premiers jours aient été sans douleur… Un peu comme un accouchement, il y a des heures d’inquiétude à traverser qui débouchent ensuite sur de belles perspectives si on tient le coup ! La découverte de la vie malgache a capté toute mon énergie : j’apprends encore à m’orienter dans la ville faite de collines et de rues étroites et à utiliser les fameux « taxi-bé », des minibus fatigués, déglingués, où l’on place 25 personnes sur 16 places (j’ai compté). Si le couvent se situe à quelques 10km du centre ville, il faut compter 1h30 pour y parvenir les jours où il n’y a pas d’embouteillages. Pour cela, il faut d’abord traverser à pied un large terrain vague occupé par de petits jardins familiaux et d’autres où l’on fabrique des briques, puis remonter la rue principale du quartier et ensuite arriver à la station de bus. Après, il faut encore attendre le bus, monter dans le bus, trouver une place dans le bus et c’est parti pour un voyage chaotique et plein de surprises dont nul ne peut estimer la durée précise.

 

La langue malgache est très belle, les chants magnifiques. J’ai déjà pris quelques cours particuliers, mais il va me falloir un peu de temps pour m’y retrouver ! Enfin, je maîtrise la politesse élémentaire (bonjour, au-revoir et merci), c’est déjà pas mal.

 

Côté boulot, je suis encore dans les projets et la mise en place de la rentrée avec Sr Voni, la directrice de l’école. La rentrée a lieu début octobre, donc j’ai encore un mois de vacances ! Hier, le 28 août, à ma demande, nous avons rencontré le P. Jules, directeur du DIDEC (Direction de l’enseignement catholique). Bonne intuition ! Bien qu’il soit débordé de travail, il a pris le temps de nous recevoir et, en accord avec les sœurs, j’ai lui ai proposé mes services. En effet, il a demandé aux directeurs des écoles privées du diocèse de veiller en particulier au niveau des enseignants en français pour passer progressivement à un enseignement tout en français. À Madagascar, toute l’administration du pays est en français. On ne peut pas tout traduire en malgache et les gens doivent absolument maîtriser les deux langues pour leur vie quotidienne. Mais depuis que l’ancien président si controversé Ravalomana a fait inscrire l’anglais comme langue obligatoire dans la Constitution en 2007, non seulement l’anglais est très peu enseigné faute de réels moyens, mais en plus le français l’est de plus en plus mal. Selon les écoles, le niveau de français est inégal et il est dans l’ensemble plutôt faible, sauf exception. Il est enseigné dans toutes les écoles privées, ce qui n’est pas le cas dans le public. Il est donc très intéressant pour moi de travailler avec la direction de l’enseignement catholique car je peux toucher plusieurs équipes pédagogiques dans le diocèse, et pas seulement celles des sœurs. Cela m’ouvre un large horizon. Le P. Jules a promis de monter une équipe pour que nous travaillions ensemble à ce projet : favoriser l’enseignement du français, revoir la pédagogie et si possible se donner de nouveaux moyens. Si tout va bien, je serai donc appelée à organiser des sessions de perfectionnement pour les enseignants et à visiter les écoles. Je suis déjà invitée à participer à la session de rentrée de l’enseignement catholique du 17 au 22 septembre. Je suis heureuse de voir ma mission prendre une dimension diocésaine. Cela fait aussi une bonne « publicité » (si je puis dire) pour les sœurs qui « proposent » leur coopérante au diocèse. J’y vois une action de la Providence : j’avais besoin de voir plus large dans ma mission et le diocèse a besoin de nouveaux moyens pour l’enseignement du français. Donc « je tombe bien » ! On va voir ce que cela va donner.

 

Mon programme de septembre, outre cette semaine de session, consiste en l’apprentissage du malgache et au projet de visite à l’unique monastère bénédiction de l’Île, monastère « frère » de celui de la Pierre-qui-Vire. Je vais aussi préparer ma rentrée en m’inscrivant à l’Institut Français et à l’Alliance Française : deux lieux où je pourrai trouver le matériel pédagogique nécessaire. À l’Institut Français, on peut bénéficier d’une connexion internet, ce qui est le luxe suprême (par contre, on ne peut pas recharger son ordinateur portable car l’électricité est beaucoup trop chère ! On travaille jusqu’à ce que nos batteries se déchargent.)

 

J’ai eu l’occasion le week-end dernier de rencontrer les pères Spiritains qui m’ont accueillie avec Adélaïde, kiné et Augustin, prof de français, coopérants DCC respectivement basés à Tuléar (sud ouest) et Diego Suaerez (nord est). Les P. Henri et Marcel, Français, vivent ici depuis 40 ans et leur témoignage est très intéressant. Nous avons visité la cathédrale et participé à la messe en français célébrée par Henri. L’après-midi, il nous a emmenés à la campagne, dans un petit village où un fermier fabrique du fromage et vend ses produits frais (lait, crème fraiche). Nous avons pu déguster des yaourts délicieux. Hélas, le stock de fromage était épuisé ! Les environs de Tana sont magnifiques, malgré le fait que nous soyons en saison sèche. Avec les pluies (décembre - janvier), tout sera verdoyant. Voilà donc pour ces quelques nouvelles : comme disait ma grand-mère « petit à petit l’oiseau fait son nid ». Après quelques jours d’angoisse, le temps de m’acclimater, je commence à trouver mes marques et à faire des projets. La joie des sœurs et leur enthousiasme me soutiennent. Je suis très confiante en l’avenir car il y a tant de choses à faire et, bien plus, il y a tant à « être », tout simplement ! J’ai beaucoup à apprendre, à commencer par la mise en pratique du « moura-moura « (= tout doucement) malgache ! Ce ne sera pas une mince affaire !

 

J’oubliais… je viens de recevoir aujourd’hui ma première lettre postée de France le 17 août : elle a donc été acheminée en 12 jours. Les sœurs se sont exclamées : « c’est rapide ! quelle chance ! ». Donc, si jamais vous vouliez me faire grand plaisir, vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante : Carmel Saint-Joseph Christelle Seguenot Ambohimanala BP 1782 Antananarivo Madagascar Tél. : 00261 34 99 396 35

 

Je remercie en particulier toutes celles et ceux qui m’ont envoyé un petit message par mail ces derniers jours : votre geste amical a largement contribué à adoucir mon atterrissage qui, encore une fois, ne fut pas si facile. Je regrette encore de ne pouvoir répondre en particulier à chacun (je m’y emploie, mais j’ai du retard !), mais sachez que vous me faites une grande joie en manifestant ainsi votre présence. Ces marques fraternelles me sont très précieuses : avec la prière et l’hospitalité des sœurs, c’est le carburant de ma mission ! Je ne suis pas déconnectée de la France.

 

Je veux rester en profonde communion avec vous et toutes vos nouvelles pourront m’intéresser. Je vous rappelle que pour avoir des nouvelles vous pouvez  aussi consulter mes photos sur Facebook postées sous le profil « VSI à Madagascar ».

Rédigé par Xénia

Publié dans #MADAGASCAR

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melin 30/08/2012 22:40


C'est encore moi, j'ai fais une mauvaise manipulation et du coup, je sais pas si mon premier message est partit ou pas. Je suis donc Evelyne de Facebook et de Tours. Je lis votre parcours qui est
bien riche déjà dès le départ. Je vous admire de votre volonté et confiance que vous avez entrepris. Je vous souhaite de tout coeur bcp de courage et je serai en communion de prière avec vous. Je
vous suivrais ici et sur Facebook. Le Christ vous aime !

Plume 30/08/2012 09:09


   Mon Dieu ! quelle fabuleuse démarche  que tu fais ...et c'est ton enthousiasme qui nous fait vivre , ici , dans ce Pays et en Bourgogne ..qui vit .dans la plainte  car
ne se rend pas compte de l'oppulence  dans lequel il baigne  et  pourtant  en recherche de l'humanitude qui manque tant.


Bonne chance.....bizzz

Barbara 29/08/2012 23:34


 


Ah  ! J'avais la suite en fait. Il suffisait de demander. « Il y a tant de choses à faire et, bien plus il y a tant à « être », tout simplement ! ». Quelle phrase superbe !

Elisabeth 29/08/2012 20:54


Merci pour ces nouvelles Christelle. On pense bien à toi et nous t'embrassons très fort !

Alice 29/08/2012 17:27


quand je lis "moura-moura" je pense tout de suite à St Exupéry.... apprivoiser le lieu, les gens...les mini bus !!!, etc... et se laisser apprivoiser par les Malgaches.Je te sais ouverte ,
accueillente et volontaire, au fond de moi-même je suis confiante.Bon courage pour apprendre la langue, les délais sont très courts... d'ici le mois d'octobre, mais comme dirait l'autre quand on
a "le couteau sous la gorge", ça va beaucoup plus vite !!!


je t'embrasse très fort


Alice