La pauvreté à Madagascar

Publié le 26 Novembre 2012

La pauvreté à Madagascar (extrait d’un rapport de l’UNICEF : ANALYSE DE LA PAUVRETE DES ENFANTS A MADAGASCAR. Enquête réalisée de 2006 à 2010)

 

Contexte géographique

Étendue sur 587 000 km2, Madagascar est la quatrième plus grande île du monde après le Groenland, la Nouvelle Guinée et l’Île Bornéo. Située dans l’hémisphère Sud à 400 Km à l’Est des côtes Mozambicaines, entre les 12e  et 25e  degrés de latitude, Madagascar est bien ancrée au cœur de l'Océan Indien et elle est la plus grande parmi ses voisines. Sur 1.580km de long et 580km de large, elle est traversée du Nord au Sud par une zone de montagnes, de collines et de sa colonne vertébrale, appelée Hautes Terres ou les Hauts Plateaux. La capitale et plus grande ville du pays, Antananarivo, se trouve sur les hauts plateaux centraux à une altitude de 1200 m. Le relief du pays est composé d’une bande côtière étroite à l'Est jusqu’au Nord, de hauts plateaux du Centre Sud au Centre Nord, d’une zone de plateaux plus bas et de plaines à l'Ouest.

Madagascar est traversée au Sud par le Tropique de Capricorne entraînant un climat de type tropical. D'une façon quasi annuelle, la partie Est côtière est constamment exposée aux cyclones et aux tempêtes tropicales.

 

Contexte sociopolitique et démographique

Crises sociopolitiques récurrentes

Madagascar a connu quatre crises sociopolitiques depuis l’indépendance : en 1972, 1991, 2002 et 2009. Ces crises ont engendré des bouleversements dans la société malgache aussi bien au niveau économique que social. À la fin de chaque crise, on assiste entre autres à l’appauvrissement général de la population dû en grande partie au ralentissement des activités économiques et à la montée générale de l’insécurité. On observe aussi la montée de la corruption, la violation des droits de l’Homme et la détérioration de la gouvernance.

Dans la plupart des cas, ces crises ont eu pour effet immédiat une forte perte d’emplois formels, le renchérissement du coût de la vie, le ralentissement des activités des unités de production, l’arrêt ou la réduction des services publiques notamment les services sociaux (santé et éducation).

Les crises politiques ont eu des impacts directs et indirects sur la réalisation des droits de la population surtout au niveau des couches les plus vulnérables dont principalement les enfants.

À court terme, les crises ont engendré l’augmentation de la vulnérabilité donc de la pauvreté des ménages, la communauté des bailleurs a suspendu les aides extérieurs ;

à plus long terme, les programmes de développement sont compromis à chaque crise. L’enseignement a été perturbé et des écoles ont dû fermer leurs portes à chaque période d’insécurité voir même pendant toute la crise, les formations sanitaires n’ont délivré qu’un service minimum. L’on a également observé une insécurité grandissante, les coupures des routes, la pénurie des principaux produits tels le carburant, les médicaments et d’autres intrants nécessaires au fonctionnement du secteur privé, le traitement et la prise en charge des malades.

Les différentes crises politiques, y compris celle de 2009, ont engendré une désorganisation économique et sociale, caractérisée par une aggravation du phénomène de pauvreté et de vulnérabilité. En 2010, le pays a été classé à la 135e  place sur 169 pays, avec un indice de Développement Humain (IDH) de 0,435. Tout laisse croire  que les répercussions de ces différents chocs ont entraîné l’émergence d’une nouvelle catégorie de pauvres en milieu urbain comme la capitale et toutes sortes de déficits, notamment en termes d’alimentation, de revenu, d’emploi, de sécurité/sérénité.

Les crises de 1991, 2002 et 2009 ont fait chuter respectivement le taux de croissance économique à -6,3%, - 12,4% et -3,7%. Il convient de signaler que les résultats pour l’année 2009 sont les effets conjugués de la crise politique à Madagascar et de la crise financière (puis économique) mondiale.

Pour l’année 2009, la crise a été marquée par une perte d’emploi considérable due à la destruction ou à la faillite des unités de production familiale et des entreprises. A titre d’illustration, les femmes sont les plus touchées par la perte d’emplois avec une baisse de 10 points de pourcentage entre 2008 et 20107. Des chômages techniques ou des diminutions de salaires sont également constatés dans le domaine du tourisme.

Le rapport de l’enquête emploi 2010 à Antananarivo montre bien la dégradation du marché du travail entre 2006 et 2010, années de réalisation de l’enquête. Ainsi, on constate une augmentation du chômage et du sous-emploi et, surtout, une explosion du secteur informel de subsistance, un effondrement du pouvoir d’achat des travailleurs et un accroissement des inégalités. Les résultats obtenus en matière de réduction de la pauvreté au cours des dernières années ont ainsi été effacés et même inversés.

 

Démographie

En 1995, la population malgache comptait 13,0 millions d’habitants. En 2008, elle est estimée à 19,1 millions8 dont 78,0% de ruraux. Les enfants de moins de 15 ans représentent 47,0% de la population.

En 2015, on estime que Madagascar sera peuplée d’environ 23,7 millions d’habitants. La population malgache continue de croître au rythme annuel de 2,8%. Ce taux est relativement supérieur à celui des autres pays de l’Afrique subsaharien suite à la longévité relativement élevée des malgaches qui ont une espérance de vie moyenne de 55,8 ans et au fait que la population est encore en période de transition démographique avec une fécondité encore très forte et une mortalité en baisse significative, notamment la mortalité des enfants de moins de 5 ans.

 

Économie

(…) Malgré les efforts déployés, le pays n’est pas encore parvenu à émerger de la situation de stagnation qui a fragilisé son économie. Madagascar est classé parmi les pays à faible revenu. Le faible niveau d’investissement en contraste avec le taux de croissance démographique relativement élevé explique sa faible croissance économique.

L’économie malgache est essentiellement agricole. Le secteur primaire (agriculture, pêché, sylviculture) représente 30,2% du PIB, soit plus de 60% des revenus d'exportation en 2008.

En 2008, le secteur secondaire a le moins contribué à la génération de richesse, participant à environ 15,7% du PIB. Le faible tissu industriel est dominé par l’industrie agro-alimentaire, l’industrie extractive, et dans une moindre mesure, l’industrie manufacturière (Zone franche comprise).

Les valeurs ajoutées réalisées essentiellement par les industries agro-alimentaires et les entreprises franches sont respectivement de 4,2% et de 1.9%. En ce qui concerne le secteur tertiaire, il représente 51,8% du PIB en 2008. Trois branches d’activités s’y distinguent : les services rendus aux entreprises (12,4%), le commerce (10,3%) et le transport des marchandises (10,2%). Le tourisme se développe mais les infrastructures sont encore insuffisantes.

Le taux de croissance du PIB à Madagascar est généralement inférieur à celui de l’ensemble des pays de l’Afrique Subsaharienne entre 2000 et 2009 sauf pour les années avant crise 2001 et 2008.

 

Emploi

(…) À Madagascar, l’emploi reste fortement concentré dans le secteur primaire. Plus de 80,5% des actifs occupés exercent à titre principal des activités agricoles (agriculture, pêche, chasse, sylviculture) et des activités dans les industries extractives. Les emplois non agricoles sont largement dominés par les activités commerciales, 7% de l’emploi total.

 

Evolution de la pauvreté à Madagascar

Quelle que soit la définition de la pauvreté adoptée, Madagascar fait partie des pays les plus pauvres du Monde. Les indicateurs macro-économiques indiquent que la nation s’est globalement appauvrie au cours des quarante dernières années. Pour la population malgache, il est de plus en plus difficile de faire face aux conflits politiques internes. La majorité de la population, 61%, vit avec moins d’un dollar par jour et 85% avec moins de 2 dollars par jour10. Dans la capitale, près de 40% des ménages gagnent mensuellement moins de $50 (11).

En 2010, environ 54,2% de la population urbaine consomment moins de 468 800 Ariary par individu par an. (Le montant de mon indemnité mensuelle s’élève à 400 000 Ariary, soit 150 € !)

Pour les différentes ex Provinces, la tendance de l’évolution du taux de pauvreté est la même. Les provinces de Fianarantsoa, Toamasina, Toliara sont les plus touchées et présentent les taux de pauvreté très élevés et dépassant toujours le niveau national depuis 1993. Pour le cas de Fianarantsoa par exemple, le taux enregistré en 1999 est de 81,1% si le taux était de 74,2% en 1993, et en 2010, 88,2% de la population ont des difficultés pour satisfaire les besoins fondamentaux. Le cas de Mahajanga est flagrant, le taux de pauvreté est passé de 53,2% pour l’année 1993 à 73,8% en 1997 et à 76,0% en 1999.

Rédigé par Xénia

Publié dans #MADAGASCAR

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Olivier Nadia 26/11/2012


Bnojour


Nous en profitons pour faire un petit coucou. Il arrive assez souvent de parler de toi donc de penser à toi ...à travers des souvenirs les noels par exemple nous y pensons déjà...il y a toujours
des uns des autres qui se retrouvent seuls ce soir là alors ils viendront éveiller la maisonnée...Anette et Pierre Marschal qui au fil des ans trouvent de plus en plus difficile l'absence du
fils...hormis ces souvenirs les réalités viennent aussi réveiller notre memoire...sinon tout va pour le mieu...Charles et Liselotte parlent mariage...ils nous veillissent d'un coup...


Marie change encore d'officine de Sens elle retourne à Auxerre...Elle rejoint ainsi Quentin qui lui égal à lui même...la vie est belle


Laura est en stage en restauration çà va bien elle apprécie...Lina a plus de difficultés avec la discipline au collège et de concentration...pas évident pour elle et pour nous aussi...


Euphrasie s'accoutume assez bien à l'horticulture...nous ne savons pas si tu sais mais aprés son BTS sur l'eau elle reprend un second en horticulture en alternance


Voilà quelques nouvelles


bises @+


 

Barbara 03/12/2012


Je suis chez ma cousine. Nous lisons...