La voie libre de l'intériorité (Jean Lavoué)

Publié le 26 Juin 2012

Une lecture infinie

 

Les graines ne font pas de bruit quand elles germent. Ni l’arbre lorsqu’il croît. Ainsi la forme entièrement neuve que prendra le christianisme au cours de ce nouveau millénaire. Il lui faudra sans doute renoncer à la carapace et à l’écorce. Renoncer au solide de la pierre pour accepter, peut-être, d’être ce socle plongé au fond des eaux. Pour quel baptême ? Un baptême de renaissance. Monde neuf qui se sera renoncé lui-même pour devenir le grain semé en terre pour de nouvelles multitudes.  Non pas rassemblées sous la voûte d’un seul temple, d’une seule Église, mais fête consentie dans la pluralité des langues et des cultures. Ce jour se prépare, même s’il est silencieux, même si on ne l’entend pas.

Son avènement ne sera pas l’objet de conversions massives.  Pas de retour au même, pas de surgissement nouveau de la vieille chrétienté en dépit des nostalgiques qui s’y emploient de toute leur force. Non, ce sera pas mutation imperceptible, métamorphose des pensées et des sagesses du plus grand nombre, imprégnation réciproque des découvertes les plus subtiles et les plus profondes de l’homme. La Parole sera elle-même ce pain donné qui n’ôtera rien mais confortera chaque être vivant dans sa foi, le tournant vers son proche et tout aussi bien son plus lointain, comme d’autres lui-même.

Aujourd’hui, c’est par les multiples voies de la rencontre, des thérapies psychologiques et corporelles, de l’exégèse en liberté, de la littérature, du cinéma que s’opère cet invraisemblable métissage des philosophies et des cultures du monde. Pour le meilleur et pour le pire. Avec tous les risques de recouvrement par une pensée qui ne serait qu’instrumentale et marchande, le nouveau nihilisme qu’avait prophétisé Nietzsche après la destruction de l’ancien, idéalisme des valeurs et de l’intelligible. Mais si ce risque est bien présent, s’il occupe même le devant de la scène mondiale et de nos quotidiens les plus désenchantés, il ne recouvre cependant pas tout de l’expérience et de l’aventure humaines.  Savons-nous écouter dans les interstices ? Saurons-nous entendre l’herbe pousser dans les printemps du monde ?

(…)

 

Quand les chrétiens seront-ils suffisamment décentrés de leurs frontières, de leur identité, d’eux-mêmes pour se rendre capable d’accueillir le Christ et de le discerner en tout homme, au plus loin de leurs habitudes et de leurs regards domptés ?  Quand s’intéresseront-ils vraiment à toute production de l’homme, considérant que ne pas commencer par affirmer Dieu n’est pas pour autant critère d’errance loin de ses voies et de son amour ?

 

Jean Lavoué, La voie libre de l’intériorité, Ed. Salvator 2012

 

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Rédigé par Xénia

Publié dans #Spiritualité

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melin 26/06/2012 20:57


woui, bein moi et ma patience, ça fait deux....bon, bien, je crois que je vais lire autre chose durant mon été...

JM 26/06/2012 18:59


Pas besoin de dictionnaire grec, encore faut-il savoir son asphabet. Ensuite, au prix d'une belle patience, on pourradécouvrir la voie de l'intériorité... 

melin 26/06/2012 16:56


Euh, c'est écrit en Hébreux ???? Bon, j'espère que je vais le trouver sur la procure...merci du renseignement....