Le visage triomphant

Publié le 7 Avril 2011

 

 

Voici avril et nous avons déjà tiré quelques fils, quelques étranges rêves de printemps sont alors sortis de nos pelotes hier encore hivernales....

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Avril et certains trouveront que, vu l'actualité, il est presque indécend de parler poésie...

En Libye et en Côte d'Ivoire, ce sont les bruits des armes. Au Japon, encore des secousses et la peur des répliques sismiques. En France, on fait la chasse aux immigrés LEGAUX (plus"faciles" à attrapper que les personnes sans papiers ? ), et on ne veut pas entendre parler des 20 000 Tunisiens réfugiés en Italie :  "La France ne veut pas SUBIR les clandestins d'Italie" titre la presse ! On se vict

imise, on subit : on n'a effectivement perdu le Nord et nous ne savons plus juger d'après de vraies valeurs humaines. Vous le savez, le refrain ne date pas d'hier, maison n'hésite pas à ressortir les poncifs qui marchent toujours : "les étrangers, ils mangent le pain des Français !" On nous explique à la télé que s'il y a du chômage, c'est effectivement du aux migrants. Non, vraiment, tout cela est déplorable. Quelle honte !

 

Je dédie ce poème d'Andrée Chédid à toutes celles et ceux qui fuient la misère et la guerre et ne trouvent pas asile chez les nantis. A ceux qui ont risqué la grande traversée à bord d'une barque trop fragile ou parce que la vie y était trop nombreuse... A ceux qui sont devenus sables, à ceux dont les noms ont été effacés par les vents. A ceux, passant, qui chancellent et parfois tombent sous nos yeux. A ceux qui viennent d'une longue misère....

 

Le visage triomphant

 

L’ombre se couche sur nos plaines,
S’allonge dans nos puits, annule nos maisons.
La vie est trop nombreuse, la barque trop fragile
Pour traverser seul les images et le temps.

 

Parfois tu deviens fleuve où rien ne se reflète.
Tu deviens sables étourdis par le vent.
Sous l’étoile impassible : ce passant qui chancelle,
Ce chêne sans oiseau, cet oiseau sans allié.
Tu revois tu revois les prairies qui saignent,
Longue est la misère brèves sont nos cités.
Les amours se dénouent le soleil reste le même,
Tu ne vois nulle part le bourreau terrassé.

 

La vie est trop nombreuse, la barque trop fragile
Pour traverser seul les images et le temps.
Mais toujours on trouve une voix pour la sienne,
Mais toujours on trouve un regard pour sa peine.
Je chante le visage triomphant.

 

 

Rédigé par Xénia

Publié dans #Journal

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marie laure 08/04/2011 08:46


Merci Christelle pour ce magnifique poème et ton commentaire.
Les valeurs chrétiennes d'accueil de l'étranger sont bien mises à mal en ce moment


grosjean 08/04/2011 08:41


merci pour cette pensée qui peut émaner du coeur, car il s'agit du coeur, et quoi de plus mystérieux que le coeur et de plus attirant, en effet!
Le problème actuel réside, en partie, dans le refus d'accueillir, dans la pusillanimité et voire dans le plaisir de la chasse à l'homme:le cerveau reptilien chez certains dominent leur vie sociale.
Voilà, moi, je crois à la conscience divine qui éveille les conscience et ouvre les coeur tout à coup et...oh, un regard humain, une voix humaine est là et vous attappe ^pour quitter le
cauchemard!
à plus, on a de la chance : Dieu est partout!
Amicalement, Ariane


Zab 07/04/2011 23:28


Merci pour ce message !