Mariage et vie

Publié le 8 Novembre 2010

Avec la permission de l'auteur dont voici le blog : http://berulle.over-blog.com/, je me permets de vous livrer cette belle réflexion biblique à partir des textes proposés par la liturgie dimanche 7 novembre

- second livre des martyrs d'Israël (7, 1... 14)

- évangile de Luc 20, 27-38

Retrouvez ces lectures et celles de chaque jour sur le site officiel des textes liturgiques

 

Merci à Berulle pour sa "parole de catho libre" !

 

 Mariage et vie

 

Voilà un passage de l’Evangile qui devrait poser à l’Eglise une véritable question. Non sur la Résurrection (et 99 homélies sur 100 ne porteront que sur ce thème), mais sur le mariage ! Car c’est bien sur le mariage que Jésus répond quand des sadducéens souhaitaient le piéger sur la Résurrection.

 

« Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. »

 

Si nous prenons ces paroles à la lettre, aucun baptisé ne devrait se marier puisque, par le baptême, il est déjà entré avec le Christ dans sa Résurrection. Tout au moins, s’il se marie, c’est donc uniquement pour faire perdurer la vie (et l’espèce), c’est-à-dire pour faire des enfants afin de vaincre « sa » mort et la disparition du groupe social auquel il appartient et par extension la disparition de l’humanité. Nous sommes loin ici d’une théologie du mariage qui donnerait à voir à travers les époux l’image même de l’amour divin. Il n’y aurait pas plus de sacralisation du mariage pour Jésus que de sacralisation de la famille, thème totalement absent de l’Evangile. Et finalement notre sacrement du mariage ressemblerait plus à une christianisation d’une coutume païenne, comme mettre une croix sur un menhir ou placer une fête chrétienne le jour d’une ancienne fête païenne. Le mariage ne serait pour Jésus qu’une réponse à l’instinct de survie.

 

Mais voilà que la liturgie met aujourd’hui en parallèle de ce passage de l’Evangile le très beau texte du second livre des Martyrs d’Israël, un texte qui nous raconte les réactions de sept frères condamnés à mort. Ces sept frères croient tellement à la Résurrection qu’ils accueillent la mort simplement.

 

« Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. »

« C'est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de sa Loi je les méprise, et c'est par lui que j'espère les retrouver. »

« Mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie éternelle. »

 

Pas d’instinct de survie ici, mais un véritable abandon à la vie éternelle. Ils n’ont pas peur de perdre cette vie biologique qui les fait vivre dans ce monde car ils sont certains que Dieu leur donnera la vie éternelle qu’Il leur a promise. Car ce qui est sacré ce n’est pas la vie biologique, mais c’est la promesse et le don de Dieu, la promesse sur laquelle nous appuyons notre foi et le don qu’aujourd’hui nous savons avoir déjà reçu en Jésus-Christ, l’héritage de la Résurrection qui fait de nous des Fils de Dieu.

 

Passer de l’instinct de survie à l’abandon à la vie, c’est passer d’une sacralisation de la vie biologique, à la sacralisation de la vie éternelle. Ce qui ne signifie absolument pas que la vie biologique ne vaille rien et que l’on puisse la faire cesser comme bon nous semble. Mais ce qui signifie que sa valeur n’est pas liée à elle-même mais à la place qu’elle a dans le dessein de Dieu. Ainsi si le mariage chrétien est un sacrement, c’est peut-être pour aider les hommes et les femmes mariés à se défaire de la peur de la mort, d’un instinct de survie finalement mortifère. Il ne s’agit plus alors de donner la vie pour survivre, mais d’accueillir pleinement la vie de Dieu et de la partager.  

 

 

Rédigé par Xénia

Publié dans #Spiritualité

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