Séjour en Colombie

Publié le 5 Mars 2011

A la demande de l'Association "Un PAS avec les frères Jaccard", j'ai effectué un séjour d'une semaine en Colombie avec deux amis et membres, comme moi, de l'Association.

 

Qu'est-ce que cette Association ? Fondée par les Frères Jaccard, prêtres du diocèse de Besançon, l'association "le PAS" (Prière - Amour - Service) les a soutenus dans leurs diverses missions auprès des lépreux puis des filles et femmes du milieu de la prostitution à Bogota et dans d'autres villes de Colombie. Les nombreux amis des frères à travers le monde leurs manifestent leur soutien dans un réseau de prière, par des rencontres régulières et des dons au profit de leurs oeuvres.

 

En Colombie, Pascale, Philippe et moi étions accueillis par les soeurs Adoratrices. Celles-ci travaillent depuis plus de 20 ans avec les frères Jaccard afin de proposer aux "jeunes filles mal-aimées de la rue" une vie digne par une formation professionnelle qualifiée et la possibilité d'un accès à la propriété.

Sr Esther, la supérieure, a même créé derrière la maison provinciale une entreprise de confection qui emploie plus de 150 salariées qui fabriquent des vêtements de marque vendus en Grande-Bretagne.

 

Bogota, Manizales, Pereira, La Virginia : nous avons visité les ateliers de formation et de confection dans chacune de ces villes. Les femmes intéressées peuvent suivre le "programme d'habilitation" mis au point par les soeurs avec des fomateurs professionnels et qui leur pemettra de décrocher un diplôme reconnus par l'Etat dans les domaines de la couture, la coiffure ou encore la cuisine et l'artisanat (fabrication d'objets de décoration). A l'issue de cette formation diplômante, elles peuvent accéder à des emplois rémunérés dans des entreprises privées. Une belle réussite si l'on compte les dizaines de femmes qui chaque année passent par ces ateliers et en sortent diplômées ! Beaucoup trouvent un emploi à l'issue de la formation ou alors choisissent de créer une micro-entreprise en cousant à la maison ou en ouvrant leur propre salon de coiffure.

 

Les photos suivantes vous permettront d'apprécier le travail des soeurs, financé en partie par notre Association : les ateliers et les formatrices, les femmes qui bénéficient de la formation et les soeurs... Dans cet univers très féminin, l'homme semble être le grand absent. Personne pour assumer la paternité des nombreux enfants nés dans chaque foyer devenu très vite "monoparental". Ainsi Olga, 28 ans, après une dizaine d'années de prostitution, se retrouve aujourd'hui avec 7 enfants de 2 à 13 ans. Courageuse, elle est sortie "du milieu" et se bat aujourd'hui pour garder sa dignité retrouvée. Les soeurs l'ont beaucoup aidée.

 

Nous allons publier prochainement le rapport de notre mission qui vous permettra d'apprécier les divers lieux  visités et surtout de connaître les personnes qui, malgré leur état de pauvreté, nous ont communiqué leur joie de vivre et d'espérer malgré tout. Beaucoup nous ont ouvert les portes de leur humble maisonnette, construite en bambou et à flanc de colline à Manizalès ou en brique dans le très haut quartier de Juan José, à la périphérie de Bogota ( plus de 3000 mètres d'altitude !). Ces dernières sont le fruit de plusieurs années d'épargne et de travail acharné. Là encore, c'est Sr Esther qui a aidé à l'achat des terrrains et a initié un jardin d'enfants, un nouveau quartier et pour finir une vie paroissiale ! Rien ne manque, même pas la cantine qui permet à chacun de se nourir correctement au moins une fois par jour.

 

En Colombie j'ai rencontre la joie mêlée à la misère. La solidarité permet de chasser le spectre de la résignation, si facile lorsque humainement la situation est si diffcile. le secours des soeurs offre une issue et permet d'échapper à la fatalité du cercle vicieux engendré par la vie dans la rue. La pauvreté est si grande : comment nourrir les enfants ? Redonner espoir à ces femmes, c'est la tâche que les soeurs se sont confiées. Et ça marche. les femmes de tous âges retrouvent confiance en elles. Combien, à 50 ans, ont finalement décroché leur bac ! Fierté de la reconnaissance sociale, porte ouverte sur l'intégration professionnelle et surtout beaucoup d'amour et de reconnaissance dans le coeur. Pas de temps à perdre à l'amertume.

 

Oui, lorsque l'on dit que les pauvres nous enseignent, eh bien je le sais maintenant, ils nous enseignent à lutter contre la résignation et à toujours espérer le meilleur.

 

Xénia

 

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Rédigé par Xénia

Publié dans #Hospitalité

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caroline 09/03/2012 16:27

Bonjour, je souhaite faire un don à soeur Esther, comment faire? merci pour votre aide
caroline

Jean-Marie 07/03/2011 16:05


Merci, Christelle !
Reportage impressionnant, pour un voyage sans doute bien fatigant (longueur, changement d'horaires, altitude...)
Quelque chose de fort, et d'authentique aussi (ce fameux Samaritain, qu'allait-il faire sur la route de Jérusalem à Jéricho ?


Henriette 07/03/2011 15:50


Merci !
Je te savais partie, et je suis heureuse de pouvoir suivre ce périple qui a dû te passionner...
il faut aller loin dans les photos, pour te voir !
Partout dans le monde, de belles choses se réalisent pour "changer ce monde"...
et pouvoir rendre grâces..
Bonne entrée en carême, je t'embrasse, henriette.


Ariane 07/03/2011 15:48


bonjour, merci pour tes photos et ton témoignages, çà donne envie d'être utile! Et puis là-bas, la nature semble luxuriante...mais tu as l'air fatiguée!

question: en quoi consiste la "pédagogie de l'amour'?


Bernadette 07/03/2011 09:23


Christelle, j'ai hâte que nous dises tout ce que tu as vu, entendu, vécu et que tu nous interpelles après cette expérience... !