Sur l'ours et le clerc...

Publié le 10 Novembre 2010

Petite parabole des temps modernes : faut-il sauver l'ours blanc ? Méditation personnelle sur l'ours et le clerc.

 

 

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Les évêques de France viennent de se réunir à Lourdes. Parmi les dossiers abordés, celui de l'écologie,(environnement, OGM, ressources naturelles, etc.) On a envie de dire : ENFIN !!!! Voilà dix ans que le monde en parle... Voilà des années que les ressources s'épuisent inexorablement. Pourtant, il me semble que les "chrétiens de base", eux, sont sensibles depuis très longtemps à cette question. Mais j'ai remarqué que dans le cadre ecclésial l'info circule toujours mieux dans un sens (du haut en bas), que dans l'autre (de bas en haut), même si en Christ on nous a dit qu'il y a un seul peuple de Dieu et donc, par voie de conséquence, il n'y a plus ni haut ni bas (Mesdames, cependant, restez couvertes dans les assemblées...)

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre ours car lorsqu'on parle "écolo", l'image symbole qui apparaît immédiatement est bien celle de l'ours blanc. Ce cher ours, donc, tranquille sur sa banquise, ne demandait rien à personne : il avait jusque-là assez de glace pour s'aventurer là où le poisson est nombreux et frétillant, et cela lui suffisait. Hélàs, trois fois hélas, les temps ont bien changés : aujourd'hui, en 2010, la banquise fond à la vitesse grand V et le poisson disparaît à la même vitesse. Et voilà notre ours, prisonnier de son ilôt de banquise qui s'amincit, prêt à se noyer dans ce grand océan où il ne trouve plus rien à se mettre sous la dent. Quelle détresse !

 

Il me fait penser à un autre animal, tout aussi intelligent que lui, et appartenant comme lui à un milieu fragile à préserver. C'est le prêtre dans son Église. Le prêtre a lui aussi vécu des moments fastes qui se traduisaient par une pêche abondante dans les filets de Pierre et de ses descendants. Le prêtre avait sa place dans son environnement naturel. Et puis, réchauffement post-moderne oblige, le sol sur lequel il se mouvait est, petit à petit, devenu moins stable : baisse du denier de l'Église, baisse de la pratique, baisse des vocations. Aujourd'hui, il se trouve sur un ilôt que l'Église tente de préserver, un petit bout de nature, une sorte de paradis pas encore perdu où l'on peut s'imaginer qu'un jour tout redeviendra comme avant. Il n'y a qu'à attendre et continuer, comme l'ours sur sa banquise.

 

Or, dans les deux cas, le processus semble ne pas pouvoir être enrayé : on est entrain de passer à un autre monde, à quelque chose de très différent dont on n'a pas encore idée. La banquise va fondre, en partie ou totalement. L'Eglise d'aujourd'hui va changer elle aussi de visage très rapidement. Que faire ? Sauver à tout prix l'ours blanc avec le ministre du culte ? Ou bien imaginer une sorte de mutation de l'espèce, car on sait bien que le vivant a une capacité d'adaptation phénoménale. Faut-il user nos forces et nos sous à faire perdurer un vieux modèle ou, au contraire, faut-il dès aujourd'hui investir dans le totalement nouveau ? Le pire c'est que, dans les deux cas, on sait ce qu'on doit faire : il s'agit de partager les ressources naturelles et humaines. Pour l'ours : si l'on partage nos biens matériels en consommant moins, on vivra sans doute plus heureux, dans un environement régénéré. Pour l'Église, si l'on partage les tâches entre le haut et le bas, le masculin et le féminin, le pauvre et le riche, alors notre pêche pourra sans doute rester miraculeuse....

 

Xénia

Rédigé par Xénia

Publié dans #Spiritualité

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Ariane 16/11/2010 10:27


Bonsoir Xénia,

La différence entre l'ours et le prêtre, c'est la possibilité, voire le goût de s'accoupler pour le premier alors que pour le 2ème : c'est interdit! Pourtant cela ne les empêche pas de disparaître
tous les deux...

Que l'église catholique, qui est l'éléphant de notre civilisation, son socle, se souvienne de ce qu'elle a fait aux femmes, à défaut, ce qu'elle voulait en faire...Cela fait partie, peut-être de
ses fameux mystères.

Je pense que cela n'est pas insurmontable mais le temps presse ! Ce serait une révolution copernicienne !

A plus, cordialement, Ariane


Les Kubs 12/11/2010 19:42


Super Christelle ... ton style est plein d'humour, d'idées intéressantes ... avec des femmes comme toi l'Eglise peut bouger !


Un frère 12/11/2010 16:09


Bravo pour le conte " l'ours blanc et le clerc"! ...et je reçois aujourd'hui " les pieds dans le bénitiers " : Allez... les femmes cathos !


Dom 12/11/2010 16:07


Merci pour la fraicheur de ton blog. Un petit courant d’air, mais pas polaire, me remue les méninges. Changer : il faut changer de modèle d’Eglise car le monde a changé...


Marité 12/11/2010 16:04


très belle histoire et elle fait réfléchir à notre avenir de chrétien