Tout va bien, je suis à Mada....

Publié le 13 Juin 2013

Sur la RN7

Mercredi matin, je pars à 9h d’Antsirabe pour rejoindre la communauté des sœurs à Sahambavy, à côté de Fianarantsoa. Je roulerai plein sud. Je sais que ce voyage d’environ 250 kms durera presque 5h sans pause. Il faut dire que la route est tout aussi miteuse qu’elle est mythique. Bien sûr, il y a de beaux tronçons tout neufs, tout réparés, sans trous, mais ces portions de route cèdent vite la place à plus pittoresque : route étroite, accotements non stabilisés, aucun marquage au sol et surtout route de montagne. Sur la N7 qui se tortille, hésite, serpente entre les montagnes, je croise les inévitables poids lourds THB (THE bière malgache, brassée à Antsirabe), d’autres qui semblent sortir des décors de cinéma (style les barbouzes…) et les taxis-brousses kamikazes qui, pour une raison inconnue, prennent tous de façon systématique les virages à gauche. Le but du jeu est de ne pas les croiser à ce moment-là car moi, je reste à droite, et là il risque d’y avoir un problème… À cause de cela, j’ai d’ailleurs failli sortir de la route il y a quelques semaines avec Sr Frédérique. Mais les sorties de route, en montagnes, peuvent être vertigineuses et nous ne sommes pas passées loin du ravin… Tout cela pour vous dire que voyager, même avec le confort d’un 4x4 bien solide, reste une aventure qu’il ne faut pas chercher à pimenter car on risque trop gros. Donc je suis prudente et je klaxonne désormais dans tous les virages : à moi seule, je fais un bruit de caravane car les virages sont nombreux !

La N7, c’est aussi ses ponts. Pas les jolis petits ponts d’Avignon, non non non ! Des ponts improbables, rétrécis comme des goulots de bouteilles, la plupart du temps sans parapets, quelquefois juste à la sortie d’un virage. On ne peut passer qu’à un véhicule : le premier arrivé passe et l’autre en face n’a qu’à attendre, parfois assez longtemps si c’est un poids lourd (c’est tout juste en largeur et on ne peut qu’espérer que le pont soit assez solide car on ne sait pas ce que contiennent ces camions, toujours en surcharge, forcément car au prix du gasoil, il faut rentabiliser le transport !) Heureusement, M. Ratsiraka a eu l’intelligence de dynamiter une dizaine de ponts dans son pays en quittant la présidence en 2002, ce qui a valu quelques beaux ouvrages de remplacement (hélas trop rares) financés, paraît-il, par la communauté européenne… Tout va bien, nous sommes à Mada…

Mais pour en revenir à la N7, il y a aussi ce qui se passe sur le bord de la route : c’est tout aussi passionnant que stressant. On peut y voir : les gens (petits et grands) assis ou couchés sur la route (coups de klaxon) ; les piétons encombrés de soubiques (sur la tête), de longues branches et outils divers (sur l’épaule), de volailles (sous le bras) de gamins (dans le dos) ; les marchands de fruits sauvages et de lapins et autres volailles (domestiques) présentés à bout de bras sous le nez des conducteurs (coups de klaxons) ; les charrettes à bras ou à bœufs aux contenus hétéroclites (sacs, briques, enfants, bois, sable, etc.), les habituels convois de zébus escortés de bouviers nonchalants (ralentir, s’arrêter pour ne pas risquer d’effrayer… les bouviers, les zébus étant généralement ignorant de ce qui se passe autour d’eux) ; les vélos (on peut trouver toute une famille sur une seule bicyclette…) ; les motos (qui elles aussi coupent leurs virages à gauche). Tout va bien, nous sommes à Mada…

Et puis, et puis, le plus intéressant, c’est de traverser un village ou une ville un jour de marché. La traversée d’Ambositra par exemple, perpétuellement embouteillée de pousses-pousses et de piétons, requiert toute l’attention des automobilistes. On slalome, on klaxonne, on s’arrête, on sourit, on patiente (ou pas…), on accélère (pas trop), on croit s’en sortir et hop, on tombe sur un poids lourd qui vient en face et qui ne nous laissera jamais passer. On recule (enfin, on essaie), on se gare tant bien que mal, l’engin nous frôle (tout est au millimètre), les gens arrivent quand même à se faufiler entre nous ou derrière ou devant, on ne sait pas comment redémarrer, on ne s’énerve jamais, bien sûr…

Bref, comme vous l’avez compris, chaque voyage ressemble à une victoire et je peux encore aujourd’hui en afficher une à mon panneau de championne du volant ! Tout va bien, je suis à Mada…

La suite de cette aventure prochainement sur vos écrans (d'ordinateur...)

Comment se déplacer à Mada
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Comment se déplacer à Mada

Rédigé par Xénia

Publié dans #MADAGASCAR

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VIVIANE 25/06/2013 23:13

tu devrais enlever cette photo tout en haut avec les palmiers et les pirogues. elle est très belle et idylliques, certes, mais elle cache le texte, et on ne peut pas lire ce qu'il y a dessus. si bien que , l'histoire du puit par exemple, on n'a pas tout compris !
le reste, c'est très intéressant. et ça doit être rigolo, surtout. enfin moi, dans mon super Scenic, je ressens les choses comme ça !! bon courage, en attendant !
VIVIANE
bises
ta soeur