Le Dit d'une femme

Publié le 27 Décembre 2014

Le Dit d'une femme

Lorsque j'écris, me viennent des récits d'Annonce… Je couche les mots sur le papier, je les relis, je les relie, je les mets en forme et ils forment un poème qui parle de moi à travers elle, cette femme, Myriam, de Bethléem. Elle me parle d'elle à moi qui ne suis pas pieuse pour un sou ! Je parle de moi à travers elle que je ne prie pas. Allez comprendre la route des mots d'Évangile dans nos vies : nous gardons une trace secrète, souterraine, parfois inconnue à nous-même, comme une nappe phréatique résurgente qui ne se maîtrise pas. Les mots d'Évangile font leur chemin en nous. C'est le chemin de Dieu, son exil. Nous sommes sa terre promise.

Nouvelle annonce

Je voudrais un poète
qui soit aussi charpentier,
bien charpenté dans ses mots


Le voilà


Il m’offre une rose. Rouge, bien sûr !
Quelle autre couleur pour une rose ?


Je vois


C’est une rose sanglante
qui désobéit aux règles de la passion
Elle est humble
dans la violence de son éclat


Il faut laisser cette liberté à la rose
d’être elle-même
sang et passion à la fois


Le poète – charpentier
m’offre une rose à deux faces


Je sais


Il y a plusieurs lieux en un seul être
comme il existe plusieurs cieux sur cette terre


Le charpentier – poète
m’offre aujourd’hui le meilleur de moi-même
que l’on découvre en duo
dans le bouton de la rose
dans les mots que l’on dit
sur la bouche de la nuit


Poète, il se fait tard
le corps tarde
à éclore
l’aurore attend


ton verbe enfin
peut se déployer en moi
car mon ventre est déjà
l’espace de ta tente


C’est l’été


La moisson est annoncée.
J’aime me couvrir
de la voie lactée
me baigner
dans le lait du ciel


Déjà


L’étoile brille déjà
à l’intérieur


Ce qui sera bientôt
est déjà-là


C’est là


Le charpentier – poète
construit le corps
de notre demeure
sur le chemin
de l’exil


Il égrène
des mots qui s’avancent
sur notre route


Je me fixe
dans le mouvement de ses paroles
soufflées par quelqu’ange
en déroute
lui aussi


Ce qui est né
sera murmuré
crescendo
jusqu’au bout
de nos routes


Mais l’homme n’a pas encore épuisé tous ses chemins…



Le 26 décembre 2014

Rédigé par Xénia

Publié dans #Art-Poésie

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Commenter cet article

Gilbert 28/12/2014 22:19

Quel talent !

Barbara 27/12/2014 20:04

et c'est bien écrit ! Merci Christelle !

Lili De Visconti 27/12/2014 13:08

C'est beau, c'est tendre, ça fait du bien !