Nouvel An au monastère de la Pierre-qui-Vire

Publié le 2 Janvier 2015

Nouvel An au monastère de la Pierre-qui-Vire

C’est au monastère de la Pierre-qui-Vire, joyau bénédictin caché au cœur du Morvan, que j’ai « fait réveillon » avec des amis, des frères et des inconnus.

Vivre quelques jours retirée du monde, sans réseau mobile, sans internet, sans sonneries de téléphone, sans télévision, sans autre musique que celle de l’orgue à l’église, soutenant le chant délicatement aérien des moines, vivre ces quatre jours au rythme des offices monastiques et de la météo hivernale (gel à – 10°), bien au chaud dans la belle église, dans de jolies petites chambres simples et confortables, tout cela, n’est-ce pas un Nouvel An rêvé ? Pour moi, ce fut le cas. Un Nouvel An plein et dénudé à la fois. À la foi.

Nouvel An au monastère de la Pierre-qui-VireNouvel An au monastère de la Pierre-qui-Vire
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Nouvel An au monastère de la Pierre-qui-Vire

Remettre les pendules à l’heure

Lundi, à mon arrivée, mon téléphone décidait de changer de fuseau horaire. Il fallait donc que je prenne au sérieux ce temps de retraite spirituelle car il était visiblement nécessaire que je remette les pendules à l’heure… Le ton était donné. Un ton tout en douceur dans la détente du temps de Noël, devant une crèche à hauteur d’enfant. Loin de nous l’austérité imaginée par ceux qui se tiennent prudemment si loin de tout lieu de prière, au cas où… L’hospitalité des quarante frères qui habitent le monastère peut nous guérir de tout cynisme, si on veut bien y goûter, à cette hospitalité !

Au menu : NATURE

Dès lundi soir, il tombait quelques frimas, menus flocons qui, fixés par le gel de la nuit, donneront pour quelques jours à l’abbaye un petit air de biscuit saupoudré de sucre glace… Sur le chemin du lac, nous découvrirons les plaies vives des épicéas septuagénaires fraichement tronçonnés et, comme nous l’expliquera le bûcheron solitaire du Nouvel An, nous apprendrons qu’ils sont plein de parasites qui enlèvent beaucoup de valeur au bois. Réchauffement climatique. Le lac, quant à lui, est toujours là à attendre pèlerins et touristes, par tous les temps, par tous les vents, par Toutatis ! Accueillis par son profond silence, nous ne pouvons que plonger en nous-mêmes, à moins qu’on profite du réseau pour envoyer les messages de Nouvel An !

 

Au menu : PRIÈRE

Nuit et jour. À 2h de la nuit. À 6h du matin. Puis à 9h, à 12h30, à 14h30, à 18h, à 20h30. Je vous avoue que j’ai fait l’impasse sur la prière nocturne, toute occupée à roupiller sans aucun état d’âme. Pour le reste, j’ai vécu quatre jours dans une succession de psaumes, de lectures bibliques, d’hymnes enchantées. Douces cascades de prières simples et belles qui m’aident à me recentrer, à bien m’ancrer dans le présent, qui tiennent pour quelques instants mon imagination en laisse, qui parlent en direct à mon cœur ouvert. Prière des moines. Prière du cœur. Prière en chœur. Prière silencieuse. Prière de la nature. Prière de l’amitié.

 

Au menu : AMITIÉ

Je suis venue avec un couple d’amis, parce que nous préférons sans doute le chocolat chaud de minuit le 1er janvier au bulles extravagantes et souvent trop bruyantes. Non, plus fondamentalement, c’est une façon d’être amis que de passer ensemble plusieurs jours dans la paix du monastère, entre silences et éclats de rire, entre promenades et église, entre solitude et complicité, entre amis quoi ! C’est une manière de se redire qu’on repart sur une même base cette année encore, une base « christique », une manière de se dire amis en Christ, quels que soient nos chemins.

 

Bref, vous aurez compris que, toujours en recherche, je ne me lasse pas de redécouvrir mes amis, mes frères bénédictins et leurs hôtes si divers. Ce temps à part, ce temps spirituel est vraiment celui du retour à la source. Cette image semble usée, cependant, dans sa simplicité, elle dit bien ce que je viens chercher au monastère. Habituée depuis l’adolescence – l’abbaye se situe à 20 mn de chez mes parents – je suis familière de cet accueil et j’y cultive de douces amitiés, poétiques et vivifiantes. Moines-poètes, moines-musiciens, moines-ingénieurs, moines tout court… Ils ont tant de talent ! Et tant d’humour ! Et de fraternité à partager ! N’hésitez pas à venir y goûter, croyants ou non, il y a de la place pour tout le monde dans les cœurs hospitaliers.

 

Nouvel An au monastère de la Pierre-qui-VireNouvel An au monastère de la Pierre-qui-Vire
Nouvel An au monastère de la Pierre-qui-VireNouvel An au monastère de la Pierre-qui-Vire


Je vous souhaite à tous et à chacun une très belle année 2015. Que vous trouviez la source qui coule en vous, intarissable de vie et d’élan, et que vous en fassiez profiter votre entourage. Je crois en la Vie qui se manifeste par Dieu en chacun de nous. Je crois en Dieu à l’entour et à l’intérieur de nous. Je crois en nous !

Rédigé par Xénia

Publié dans #Journal

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Commenter cet article

Anne 03/01/2015 10:51

Merci, chère Christelle, c’est beau tout ce que tu nous montres…. Bonne année à toi, avec mes souhaite très chaleureux pour que tu poursuives cette action de présence que tu as entreprise, présence à toi-même, au monde, aux gens…. Je t’embrasse

Gilbert 02/01/2015 22:32

La Pierre-qui-Vire est un lieu magique !
Meilleurs vœux pour 2015 Christelle.

Mamzab 02/01/2015 22:06

Je te vois ! je vous vois les 3 lurons ! car pas besoin que tu m'en dises plus... il me semble bien les connaître tes compagnons de réveillon... Tu me donnes envie d'aller le vivre avec vous le prochain réveillon... Remarque c'était pas mal non plus ici... surtout celui de Noël entre Lulu, une vache et son veau, un âne chez Rémi et Monique...
Et tu as tellement l'art de nous conter tout ça !!! Quand sors-tu un livre que l'on feuilletterai en imaginant ton sourire rayonnant ???
Quand tu retournes à la PQV, donne le bonjour aux frères que nous connaissons un peu... Bisous et continue de danser ta vie ! Nous continuerons à venir nouas abreuver de tes mots... ici ou là !

HR 02/01/2015 14:26

Comme tu as de la chance d'avoir pu vivre ce moment privilégié ; je rends grâce avec toi... h.

David-Marie 02/01/2015 14:03

Chère Christelle, c'est splendide ce que tu écris et j'imagine ce que tu dois vivre intérieurement et spirituellement à la Pierre-qui-Vire. Fr. Yvan a été mon guide spirituel en 2010 et 2011 lorsque j'étais catéchumène. Oui la force que rayonne la liturgie des Heures est indescriptible tellement elle touche profondément l'intimité de notre être intérieur. En ce lieu monastique, nous jouissons d'un silence qui parle à notre cœur.
Bonne année à toi. Je t'embrasse. En union de prière.