Voir aussi ce site consacré à la littérature malgache : Haisoratra
LE BLOG DE XENIA
Voir aussi ce site consacré à la littérature malgache : Haisoratra
Hannah Arendt , le déclin de la philia est l’un des aspects de la crise de civilisation que nous vivons (encore aujourd’hui) :
« Nous avons coutume aujourd’hui de ne voir dans l’amitié qu’un phénomène de l’intimité, où les amis s’ouvrent leur âme sans tenir compte du monde et de ses exigences. Rousseau est le meilleur représentant de cette conception conforme à l’aliénation de l’individu moderne qui ne peut se révéler vraiment qu’à l’écart de toute vie publique, dans l’intimité et le face à face. Ainsi nous est-il difficile de comprendre l’importance politique de l’amitié. Lorsque, par exemple, nous lisons chez Aristote que la philia, l’amitié entre citoyen, est l’une des conditions fondamentales du bien-être commun, nous avons tendance à croire qu’il parle seulement de l’absence de factions et de guerre-civile au sein de la cité. Mais pour les Grecs, l’essence de l’amitié consistait dans le discours. Ils soutenaient que seul un « parler-ensemble » constant unissait les citoyens en une polis. Avec le dialogue se manifeste l’importance politique de l’amitié, et de son humanité propre. Le dialogue (à la différence des conversations intimes où les âmes individuelles parlent d’elles-mêmes), si imprégné qu’il puisse être du plaisir pris à la présence de l’ami, se soucie du monde commun, qui reste « inhumain » en un sens très littéral, tant que des hommes n’en débattent pas constamment. Car le monde n’est pas humain pour avoir été fait par des hommes, et il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne, mais seulement lorsqu’il est devenu objet de dialogue. Quelque intensément que les choses du monde nous affectent, quelque profondément qu’elles puissent nous émouvoir et nous stimuler, elles ne deviennent humaines pour nous qu’au moment où nous pouvons en débattre avec nos semblables. Tout ce qui ne peut devenir objet de dialogue peut bien être sublime, horrible ou mystérieux, voire trouver voix humaine à travers laquelle résonner dans le monde, mais ce n’est pas vraiment humain Nous humanisons ce qui se passe dans le monde et en nous en en parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains. »
1955 - Hancha Arendt, Vies politiques.
Il faut bien écrire dans le vif du sujet, à la jonction des chairs et de l’esprit, là où la vie s’écoule
indépendamment de nous, de notre volonté féroce de la canaliser. Il faut bien donner des mots à cet esprit tonitruant qui jaillit du quotidien transcendé (tel un côté transpercé) – du moins,
c’est ainsi que je le reconnais, c’est ainsi que je me reconnais, guidée par-delà moi-même mais pas sans ma volonté.
À l’époque, j’ai vécu avec une sœur aux yeux de folle. Je me souviens de son regard halluciné, de sa chevelure électrique qu’un léger voile blanc ne parvenait pas à dompter. Je me souviens de ses frasques, exclamations, présomptions, exaltations, certitudes. Le plus drôle, c’est cette phrase qui m’est restée comme leitmotiv – et qui n’a rien à voir avec la choucroute, mais qui est cependant de toute circonstance : « il y a toujours du nouveau aux Galeries Lafayette ! » J’ai toujours adoré cette formule qui venait ponctuer chaque changement de plan, qui venait avaliser tout imprévu, telle une incantation rituelle, et rendait l’instant presque sacré. Bref, cela pouvait signifier, selon les circonstances : « merci mon Dieu pour cet imprévu ! » ou bien « l’Esprit Saint et moi, j’ai décidé que. » (Ce n’est pas une faute de transcription, il y avait souvent un amalgame entre l’Esprit et la sœur…)
Bref, tout cela pour dire que je reprends aujourd’hui à mon compte cette expression décalée, en souvenir de cette sœur cinglée mais, je dois en convenir, inspirée de toute part par l’esprit, pas toujours saint, mais quand même.
Donc, il y a du nouveau aux Galeries Lafayette. En quelques mots : « exit Zanzibar, welcome in Madagascar ». Zanzi s’éloigne et n’apparaît déjà plus que comme une fumée. Le petit feu s’est consumé en quelques semaines et à l’heure qu’il est, il n’y a, de la part du partenaire qui devait m’accueillir, plus d’argent disponible pour cette mission. Y en a-t-il jamais eu d’ailleurs ? Bref, laissons cette question de côté. Me voilà donc réexpédiée à Madagascar par la main délicate de ma copine Thérèse (de Lisieux), via les carmélites de Saint-Joseph qui cherchent une responsable pédagogique pour leurs 4 établissements scolaires du côté de Fianarantsoa. C’est encore toute une histoire où la providence avance masquée, selon son habitude, pour mieux me surprendre…
Résultat des courses, la providence – qui a sans doute calculé son coup… – me laisse deux mois et demi sans boulot ni logement. Logement : me voilà chez papa-maman. Ce n’est finalement pas si mal. Et tout cet été à dérouler en France, désespoir ou aubaine ? Je choisis la seconde option. Cela me laisse le temps de retrouver longuement famille et amis, en attendant le grand départ pour mi-août. Il est vrai que désormais je n’ose plus m’avancer sur les dates et les lieux. J’ai envie de dire « on verra ». D’une certaine façon, je suis déjà partie.
Dimanche 20 mai, c’est en paroisse que s’est déroulé mon « envoi en mission ». Je remercie très chaleureusement tous les amis et paroissiens qui m’on entourée : votre présence (vous étiez nombreux !) m’a fait chaud au cœur. Je me sens vraiment soutenue dans ce projet, ce qui fait que je n’arrive pas à en douter et que, quoi qu’il arrive, je suis certaine d’avoir pris la bonne direction, celle du grand sud, et pas seulement pour le soleil ! Merci de votre générosité et de vos marques d’affection que je garde comme de précieux trésors. Merci de vos encouragements et de votre confiance !
Xénia
Vendredi 11 mai : Voilà, c’est fait. La petite cérémonie d’au-revoir au diocèse. Un beau moment de vraie convivialité, sans masque. Bien sûr, Moustaki et « ma liberté »…. Oui, Mgr a bien senti les choses. C’est mon hymne finalement. Et les collègues tout autour, leur bienveillance et leur sourire.
Ce soir, mon village et son « air frais ». Silence de la campagne, au pied de la colline qui me rassure parce qu’elle est immobile. Quand je reviendrai, je la trouverai là, au même endroit, me livrant le parfum enivrant du lilas du jardin, juste fleuri, et le chant malicieux des oiseaux du soir : que peuvent-ils bien se lancer, à travers leurs trilles joyeuses ? Quels adages aériens voyagent ainsi au-dessus de nos préoccupations terrestres ? La chouette s’y met, plus modestement : quelques hululement lui suffisent pour délivrer son message. Le vent fait circuler une fraîcheur bienvenue après ces 48h si soudainement chaudes et moites. Frissons. Enfin, ce sont quelques gouttes qui viennent s’écraser sur mon jean, l’orage n’est peut-être pas loin. Je prie en fumant ma cigarette. Je repense à cette journée à la fois dense et légère, aux visages affables, aux regards qui se cherchent pour dire l’amitié, la joie d’être ensemble encore une fois, une fois ultime en quelque sorte, des regards qui me disent qu’il est bon de m’accompagner. Oui, bien sûr, je vais les regretter toutes ces personnes qui me sont devenues si familières au fil des ans. On ne peut s’empêcher de compter les éventuelles possibilités d’une nouvelle rencontre, d’un « revoir » avant le départ.
Car, dans l’absolu, personne ne veut partir, surtout pas celle qui se met en route et veut faire croire qu’elle part fière et détachée… Le départ est une rupture. On a beau dire et clamer poétiquement - ou prosaïquement - qu’il est parfois nécessaire, on a beau le chanter dans nos rengaines, l’inviter dans nos conversations ou le convoquer dans nos rêves les plus fous, on beau le traiter, avec toute la déférence dont on se sent capable, comme un hôte de marque lorsqu’il se présente enfin comme la réalisation d’un désir immense, on a beau vouloir l’apprivoiser, le départ est solitaire et triste. Il sert le cœur, fait gonfler les paupières et ajoute au jour qui lui est consacré une note parfois si dramatique qu’il pourrait paralyser nos meilleures intentions et figer nos actions dans un effroi insoupçonnable.
Mais oui, le départ est nécessaire. Que le poète l’écrive en rime ou en prose, que le chanteur le hurle ou le fredonne, que l’ami le comprenne ou le renie, le départ fait grandir autant qu’il fait souffrir. Tout dépend aussi de ce que l’on choisit d’emporter dans ses bagages : bons souvenirs, relations réconciliées, tempêtes apaisées, ou au contraire vent de rancune, souffle d’angoisse, cœur aigri ? Pour ma part, j’ai choisi la première solution. Ça pèse moins lourd à l’aéroport. Pas de taxe à payer à la douane non plus. Et surtout cela délivre celles et ceux qui restent. Il en sera ainsi de la mort : elle doit permettre aux autres de vivre. Je comprends pourquoi le poète a écrit que « partir, c’est mourir un peu ». Pour plus de vie. Pour la vie en abondance. Jamais pour la souffrance qui est un accident de la nature.
Christ Jésus, tu es mon horizon et mes racines. Que serais-je sans toi, qui vins à ma rencontre ? Que serait cette liberté si elle ne t’était consacrée ? Qu’il me soit fait selon ta Parole. Amen.
Faisons le tissu et l’habit renaîtra !
À tous les coins de rue, les citoyens perspicaces disent entre eux : « les institutions sont en crise ». En effet, qu’elles soient politiques, syndicales, culturelles, religieuses, toutes sont malades et certaines déjà glissent vers la tombe.
Locales, nationales, européennes, mondiales, toutes les institutions ont besoin d’un nouveau souffle, d’un véritable ajustement, ou d’une totale refonte. En attendant elles ont perdu vivacité et couleurs ; indolentes, elles somnolent dans l’inconsistance du flou où elles tentent de se refaire une santé. Elles piétinent dans le brouillard, car elles ne savent pas encore sur quels faisceaux de valeurs se greffer et donc quelle direction prendre.
En quelques décennies, le progrès des sciences, l’accroissement et le brassage des populations, les affrontements idéologiques et les luttes armées, le « rétrécissement » des distances et les dépressions économiques, les évolutions culturelles et les images de l’instant, ont modelé de nouvelles manières de vivre ensemble, de penser, d’agir, de fonder de réelles solidarités nationales ou internationales.
Les enfants voyagent, les adolescents voyagent, les étudiants voyagent, les adultes voyagent, les retraités voyagent. Qui ne voyage pas ? Même les affamés malchanceux des pays en situation de déshérence tentent de se déplacer pour survivre. Seuls les habitants confinés dans la précarité sont trop pauvres pour tenter une migration sociale ; les enfermés du « communautarisme » au bord des grandes agglomérations sont pour le moment rivés à leurs ghettos. Cela durera-t-il encore longtemps ?
Dans des décennies, voire des siècles, évolutions et révolutions politiques, ébranlements et brassages culturels, intégrisme et progressisme religieux, engendreront peut-être une société de type mondial qui aura eu l’audace de se donner des institutions-qui-instituent, des relations sociales heureuses qui relient.
Existeront alors, jusqu’à une autre cassure culturelle, des échanges paisibles entre les personnes d’une part et les communautés d’autre part. Pour un temps elles vivront en bonne intelligence et jouiront ensemble de la grandeur humaine.
Depuis quelques années, aujourd’hui et sans doute encore demain, les « structures » ne répondent plus au besoin des individus et des groupes. L’inconfort est grand, le malaise profond. La tentation de trouver rapidement une solution pour sauver sa « petite » peau hante les consciences.
Dans tous les domaines de la société chacun cherche son salut individuel. De cette manière l’angoisse s’ajoute à l’effroi. Tout devient difficile et onéreux, tandis que des pans entiers de la civilisation vacillent et s’effondrent, laissant des béances pour de nouvelles constructions.
Pour évoquer seulement le domaine ecclésial, que je connais le mieux, il me semble qu’il est bon de ne rien chambouler mais de partir avec opiniâtreté et audace de ce que chaque chrétien confessant peut susciter simplement autour de lui, dans un monde qui se passe allégrement de Dieu.
Démobilisé par la peur,
en cherchant une « solution-miracle-particulière »,
en niant la fécondité du « petit peu » basique, genèse des recommencements,
en goûtant à tout ce qui passe, sans s’engager dans le petit peu fécond qui est à portée de main,
en errant de ci, de là au gré des fringales sociales, culturelles ou religieuses,
en s’inventant de mythiques barques de sauvetage,
en se cramponnant à des débris du passé, teintés de fausses couleurs de la modernité,
l’individu reste dans l’isolement. Il ne refait pas un tissu conjonctif riche pour un développement futur
Alors que faire ?
nommer la crise des institutions ecclésiales, la préciser,
fuir la panique et accepter l’inconfort,
aimer la jachère et le temps où se refait la richesse du sol,
se réjouir du flou qui permet l’audace des genèses,
ne pas attendre de solutions dégoulinant d’en haut,
chercher alentour des alternatives simples,
rejeter le rêve et rester dans le domaine du possible,
trouver des solidarités créatrices dans la proximité,
inventer à quelques-uns des démarches audacieuses,
refuser de bâtir des institutions dévoreuses d’énergie,
tâtonner dans la précarité.
Demain est déjà là,
semer en espérant raisonnablement les germinations,
prendre le risque du provisoire en payant de sa personne,
calculer les coûts en fonction des moyens disponibles,
agir dans la discrétion mais en bannissant le secret,
sauvegarder la communion comme un bien primordial,
commencer dans l’immédiateté des liens culturels,
s’ouvrir à l’hospitalité domestique,
dialoguer avec ceux qui ne partagent pas la foi au Christ,
accepter avec cœur de durer dans la patience,
discerner en communauté les signes de l’Esprit,
méditer ensemble dans la foi cette parole de Jésus : « Détruisez ce temple, je le rebâtirai en trois jours »
mettre en valeur symboles nouveaux et paraboles actuelles,
célébrer avec assiduité même en petit nombre.
Quand le « petit reste » revint d’exil, il n’imaginait pas tout ce qu’il faudrait édifier plus tard. Les uns et les autres, pèlerins de l’Espérance, le cœur gonflé de joie et de courage marchaient ensemble vers Jérusalem détruite… pour la rénover.
Cela leur suffisait. Christian Montfalcon
Autre texte de Christian Montfalcon : le chrétien
TÉLÉCHARGEZ LE DOSSIER DE PRESSE
Vous trouverez dans ce dossier les informations suivantes :
1. QUI SUIS-JE ?
- en quelques dates
- mon projet : la rencontre interculturelle
- me suivre sur mon blog
2. MA MISSION EN TANZANIE
- Mon poste : le projet de l’école pour tous
- Zoom sur Zanzibar
3. LA DCC
- Une ONG catholique agréée par l’État
- Le volontariat de solidarité internationale
POUR ALLER PLUS LOIN (sites internet)
INVITATION POUR TOUS À TÉLÉCHARGER
Merci à celles et ceux qui ont déjà répondu à cette invitation !
Chacun(e) et le/la bienvenu(e).
Un conseil d'Ovide (43 av. JC - 17 ap. JC)
Malgré le force des chaînes qui te retiennent, va-t-en loin et entreprends un long voyage.
Tu pleureras; de ta bouche s'échappera le nom de l'amie que tu quittes et souvent ton pied s'arrêtera en chemin.
Continue, et force tes pieds à courir malgré eux.
Ne demande pas combien il y a de kilomètres derrière toi mais plutôt combien il t'en reste à parcourir, et n'invente pas d'excuse pour rester dans le voisinage.
Ne compte pas les jours.
Puis, mille soulagements à ta peine seront fournis par la campagne, par tes compagnons de voyage et par la longueur de la route.
Mais il ne suffit pas de s'éloigner.
Que ton absence soit longue et dure jusqu'à ce que la cendre perde ses forces et ne renferme plus de braise.
Si tu reviens trop tôt, avant que ton âme soit bien raffermie, l'amour rebelle tournera contre toi ses flèches cruelles.
Peu importera alors la durée de ton absence, tu reviendras ardent."
Ovide
In english...
Zanzibar is a semi-autonomous part of Tanzania, in East Africa. It comprises the Zanzibar
Archipelago in the Indian Ocean, 25--50 kilometres (16--31 mi) off the coast of the mainland, and consists of numerous small islands and two large ones: Unguja (the main island, informally
referred to as Zanzibar), and Pemba. Other nearby island countries and territories include Comoros and Mayotte to the south, Mauritius and Réunion to the far southeast, and the Seychelles Islands
about 1,500 km to the east. Arab and Portuguese traders visited the region in early times, and it was controlled by Omanis in the 18th and 19th centuries. Britain established a protectorate
(1890) that became an independent sultanate in December 1963 and a republic after an uprising in January 1964. In April 1964 it joined Tanganyika to form a new republic that was renamed Tanzania
in October 1964. (Frommers, 2002) The capital of Zanzibar, located on the island of Unguja, is Zanzibar City, and its historic centre, known as Stone Town, is a World Heritage Site.
Zanzibar's main industries are spices, raffia, and tourism. In particular, the islands produce cloves, nutmeg, cinnamon and pepper. For this reason, the islands, together with Tanzania's Mafia
Island, are sometimes called the Spice Islands (a term also associated with the Maluku Islands in Indonesia). Zanzibar's ecology is of note for being the home of the endemic Zanzibar Red Colobus
Monkey and the (possibly extinct) Zanzibar Leopard.